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Le désert de Wadi Rum

Que vous rêviez d'escalade ou de randonnée, d'une méharée, de partager le repas des bédouins autour du feu, ou de partir en jeep, le Wadi Rum est un fantastique terrain d'aventures.

Tout en harmonies minérales de beige et de rose orangé, le spectaculaire désert du Wadi Rum est formé d'imposants massifs de grès rythmés par de vastes plaines de sable. L’écosystème de ce désert de montagne a permis à l’homme d’y vivre depuis des millénaires en alternant nomadisme et sédentarité. C’est aujourd’hui le territoire des tribus de Bédouins arabes, autrefois éleveurs nomades, qui ont développé une culture originale et accueillent aujourd'hui les visiteurs.


RELIEF
Le relief spectaculaire de Wadi Rum, Petra et Wadi Dana est formé d’une couche de grès déposée il y a environ 500 millions d’années, sur plus de 700 mètres d’épaisseur, au dessus d’un socle granitique et métamorphique (qui forme les montagnes au dessus d’Aqaba).

Il y 3 millions d'années, le fossé de l’actuelle vallée du Jourdain (appelée Grande Faille du Rift, qui longe la mer rouge, la vallée du Jourdain, puis continue au nord jusqu’en Turquie) s’est ouvert en créant des dépressions telles que le golf d’Aqaba et la mer morte et en provoquant le soulèvement du socle granitique voisin : l’actuelle Jordanie. Au Wadi Rum, un réseau de failles perpendiculaires et le lent processus d’érosion causé par le ruissellement des eaux de pluie et l’effet abrasif des vents de sable modela le paysage actuel. C’est ainsi que les failles d’origine devinrent les gorges et les larges vallées du Wadi Rum (la « vallée » de Rum): un désert de vallées de sable et de montagnes dont les sommets culminants de Jordanie : le Jebel Umm Ad-Dami (1850 m) et le Jebel Rum (1754 m).

Relief du Wadi Rum Relief du Wadi Rum Relief du Wadi Rum

CLIMAT
Les vallées de sable du Wadi Rum sont situées en moyenne à 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. C’est pourquoi les températures y sont plus fraîches que dans les plaines désertiques de la Jordanie orientale ou que sur la côte de la mer Rouge et dans la dépression du Jourdain. Le Wadi Rum est caractérisé par un climat sec et une forte variation de l’amplitude thermique journalière selon les périodes de l’année : en été, les températures vont de 15C° à 45C° alors qu’en hiver elles oscillent entre 5C° et 20C°. Les précipitations annuelles sont faibles, soit 50 à 100 mm, et concentrées en hiver.


FAUNE ET FLORE
Les montagnes de grès poreux collectent naturellement les eaux de pluie et alimentent des sources cachées tout le long de la zone de contact entre le grès et la base de granit. Dans ces minuscules oasis, à l’ombre et en hauteur, poussent des palmiers et des figuiers sauvages, des genêts blancs et plusieurs espèces de fougères et d’herbes aromatiques. Dans les vallées étroites et ombragées, tout comme dans les montagnes, poussent aussi de nombreuses herbes aromatiques (dont le thym et l'armoise) et une multitude de fleurs au printemps, telles l’anémone rouge et l’iris nain. Bien d'autres espèces végétales, adaptées à l'aridité, comme le tamaris, constituent autant de ressources médicinales pour les Bédouins et d'aliments pour leur bétail.

Entre les falaises à pic et dans les gorges étroites se trouvent des zones ombragées et relativement humides. C’est là que vivent chauves-souris et autres animaux nocturnes, ainsi que des espèces rares telles le "dab", un gros lézard végétarien à la large queue munie d’épines.

Le Wadi Rum abrite également une centaine d’espèces d’oiseaux, dont le vautour, le busard, l’aigle et le roselin du Sinaï (oiseau national de Jordanie). On retrouve également le dromadaire domestiqué, le bouquetin d’Arabie, la gazelle, le loup, le renard, le lièvre, la gerboise, le chat sauvage et lézard bleu. Des oryx, une variété de grandes gazelles blanches, ont été réintroduits récemment dans un vaste enclos.

Dromadaire du Wadi Rum Flore du Wadi Rum Flore du Wadi Rum

L'OCCUPATION HUMAINE

Le Wadi Rum est un désert habité depuis la plus haute antiquité comme en témoignent plusieurs sites archéologiques et un très grand nombre de gravures rupestres, dont les plus anciennes remontent sans doute à 35.000 ans. On trouve aussi plusieurs dizaine de milliers d'inscriptions sur roche s'étendant des V-IVe siècles avant l'ère chrétienne jusqu'à la période contemporaine.

C'est dans le Coran que l’on trouve la mention la plus remarquable de Rum sous le nom d’Iram, un terme araméen qui signifie haut ou élevé. Le texte coranique décrit cette région comme un lieu "de hauts sommets ressemblant à des colonnes tel qu’il n’en fut jamais créé ailleurs dans le monde". A Iram, autour du deuxième siècle avant J.-C., vivait la tribu arabe de Ad dont parle le Coran, qui mentionne aussi les inscriptions en alphabet thamoudéen que cette tribu a laissé sur la montagne. A l’époque, la région était un centre de commerce et de pèlerinage pour plusieurs tribus arabes et des restes de sanctuaires préislamiques ont été découverts au pied des montagnes de Jebel Umm Ishrin et Jebel Rum.

La tribu arabe des Nabatéens, qui avait établi son centre principal à Pétra à partir du IVe siècle avant J.-C., prit progressivement le contrôle de l’importante voie commerciale qui reliait la péninsule arabique à la Méditerranée et renforça, au premier siècle après J.-C., le rôle de Rum/Iram comme centre caravanier et religieux.

La région du Wadi Rum perdit de son importance à l’époque romaine et la population semi-sédentaire retourna alors au nomadisme. Durant la période islamique, des caravanes continuèrent à traverser la région de manière irrégulière. Le Wadi Rum est resté le domaine des nomades jusqu’à la fin des années 1970, époque à laquelle les autorités jordaniennes ont encouragé la sédentarisation.

L’officier et auteur britannique T. E. Lawrence a fait connaître le Wadi Rum aux Occidentaux. S’y rendant à plusieurs courtes reprises entre 1916 et 1917 alors qu'il est le conseiller militaire de l'Émir Faysal, commandant des troupes de la Grande Révolte arabe contre l'occupation ottomane, il fut frappé par sa beauté et consacre à la région des pages enflammées dans son ouvrage Les Sept Piliers de la sagesse. Une bonne partie du fim de David Lean, Lawrence d'Arabie, a été tournée dans le Wadi Rum au début des années 1960.

LES TRIBUS BÉDOUINES

Des tribus bédouines vivent dans la région du Wadi Rum depuis des millénaires. Leur mode de vie est parfaitement adapté au milieu semi-aride. Éleveurs de chameaux, de chèvres et de moutons dans les vallées de sable et sur les pentes des montagnes, les Bédouins habitaient autrefois sous la tente ou dans des grottes. En se déplaçant avec leurs troupeaux à la recherche de pâturages saisonniers, les Bédouins ont acquis une connaissance ancestrale du milieu désertique et montagneux, de la gestion de l’eau et de l’usage des plantes et des animaux sauvages comme aliments ou médicaments.

Les femmes tissent la tente bédouine, dite « maison de poils » en arabe, avec des poils de chèvres et de chameaux et de la laine de mouton. La tente est parfaite pour la vie dans le désert : démontable, elle permet de circuler librement entre les zones de pâturages ; ses ouvertures multiples s’adaptent aux changements dans la direction du vent ; et elle est biodégradable. De magnifiques tapis tissés à rayures servent d’ameublement et témoignent de la créativité féminine malgré la rudesse de l’environnement.

Plusieurs petites tribus habitent la région du Wadi Rum et ses environs. Depuis les années 1970, les Bédouins trouvent de plus en plus avantage à se sédentariser, surtout pour scolariser leurs enfants. La tribu des Zalabyeh (transcrit aussi Al-Zalabih) vit désormais dans le village de Rum et quelques familles d'éleveurs de chèvres et de moutons vivent encore sous la tente dans le désert environnant ce qui permet de continuer à approvisionner les familles en produits laitiers et en viande pour les grandes occasions. La plupart des familles possèdent aussi au moins un ou deux chameaux, parfois plus, aujourd'hui utilisés pour le tourisme ou bien lors de courses très populaires. Les jeunes générations vivent aujourd'hui essentiellement du tourisme comme chauffeurs, guides ou organisateurs de circuits touristiques.

Le tourisme et la nécessité impérative de protéger un environnement fragile ont encouragé la jeune génération à reconvertir les activités traditionnelles et le savoir-faire des nomades tout en restant fidèles aux valeurs bédouines : courage, honneur et hospitalité.

Les chasseurs d’ibex sont devenus des guides d’escalade mondialement réputés ; les éleveurs utilisent leurs chameaux pour les circuits touristiques ; les femmes ont créé des coopératives et développé de nouveaux objets artisanaux inspirés par l’environnement du Wadi Rum ; et les familles vivant dans les villages ou dans le désert accueillent parfois les visiteurs chez l’habitant autour d'un thé très sucré ou d'un café amer à la cardamome, rituels obligatoires de l'hospitalité bédouine. Si vous passez un moment chez une famille bédouine, vous serez reçus dans la partie de la tente ou de la maison réservée aux visiteurs. La politesse exige que vous ne cherchiez pas à pénétrer ou à jeter un œil dans la partie de l'habitation réservée à la famille. Seules les femmes peuvent demander à saluer ou remercier leurs hôtesses bédouines, ce qui est toujours très apprécié. Dans tous les cas, ne prenez jamais de photos des gens sans leur permission.

LES SITES À DÉCOUVRIR
Un grand nombre de sites naturels et archéologiques sont à découvrir. Nous ne mentionnons que les principaux. Bien d'autres sites remarquables attendent le voyageur qui se donne le temps de la découverte et de l'immersion dans ces paysages grandioses.


Plusieurs arches naturelles en pierre jalonnent le désert dont celles d'Umm Fruth facilement accessible, et celle de Burdah dont ascension est plus sportive (compter 3 heures avec la descente).

Pour les amateurs de montagne qui ne sont pas pour autant des grimpeurs chevronnés, il est possible de faire l'ascension du Jebel Rum en 7 heures environ par une voie bédouine, c'est-à-dire ne nécessitant pas d'équipement d'escalade. Fatiguant, mais récompense assurée par la vue depuis le sommet où il est nécessaire de passer la nuit avant de redescendre à pied ou en rappel.

En s'enfonçant dans le désert vers la frontière saoudienne la plaine de sable s'élève progressivement, ce qui permet de faire l'ascension en moins de 2 heures du Jebel Umm Ad-Dami, le point culminant de Jordanie. La vue sur l’Arabie Saoudite et le golfe d'Aqaba est exceptionnelle et vous verrez peut-être des damans, ou hyrax, un petit mammifère ressemblant à un rongeur qui vit sous les pierres du sommet.

De nombreuses dunes de sable parfois très hautes, et d'immenses canyons au paroies vertigineuses comme celui de Barrah sont à découvrir.

Autour du village de Rum, le temple d'Allat, déesse préislamique, fondé par la tribu de Ad et agrandi par les Nabatéens qui y rajoutèrent même des thermes ! La source d'al-Shallaleh, la plus importante de toute la région, domine le village. Dans cette oasis de verdure, on peut admirer des gravures et inscriptions d'époque nabatéenne.

A 5 kilomètres du village de Rum, la gorge du Khazali où niche au printemps le roselin du Sinaï. Toute l'année, on peut y admirer une grande concentration de gravures et inscriptions rupestres (personnages, pieds et mains, scènes de chasse, inscriptions thamoudéennes et arabes, etc).

Anfishiyeh et al-Ameleh sont deux autres sites majeurs de gravures rupestres (chameaux, chasseurs, etc. ) et d'inscriptions. Si vous êtes intéressés, demandez à votre guide de vous signaler d'autres sites : le Wadi Rum est un musée et une bibliothèque à ciel ouvert comptant des dizaines de milliers de gravures et inscriptions rupestres.

On trouve aussi, dispersés dans les montagnes environnantes, chenaux et réservoirs pour collecter les eaux de pluie creusés à même le rocher, retenues d’eau barrant d’étroites gorges, et quelques barrages construits en pierre à l'époque nabatéenne. La plupart de ces ouvrages datent d'au moins deux mille ans et, dans plusieurs cas, ils sont encore en activités pour abreuver les animaux voire irriguer des oliviers en plein désert près de la frontière saoudienne.

Dans Les Sept Piliers de la sagesse, Lawrence d'Arabie relate qu'il a bu et s'est lavé dans la source d'al-Shallaleh, située au-dessus du lieu où campaient les guerriers bédouins de la Grande Révolte arabe et la tribu des Howaytat dont Wadi Rum était le territoire. C'est d'ailleurs le seul lieux du Wadi Rum que Lawrence mentionne avec précision. Récemment, plusieurs sites ont été associés à son passage, tel le « château de Lawrence » qui est en réalité un mur de barrage nabatéen, ainsi que l'imposant massif montagneux qui fait face au centre des visiteurs, nommé à présent Les Sept Piliers de la Sagesse. Ces noms de lieu sont des inventions récentes, mais ils n’en font pas moins aujourd’hui partie intégrante de l’histoire et de la magie du Wadi Rum.


UN ECOSYSTÈME FRAGILE

Le Wadi Rum est une aire protégée où il est interdit de chasser, de ramasser des plantes, et d'endommager les gravures rupestres. Ne jetez pas d'ordures, et emportez dans un sac plastique ou faites brûler le papier dont vous vous servez pour aller aux toilettes dans la nature (conservez à cet effet un briquet sur vous). Le bois est une denrée rare. Les bédouins sont uniquement autorisés à collecter le bois mort mais lourdement sanctionnés par des amendes s’ils ramassent du bois vert. C’est pourquoi l'utilisation du bois est limitée à la préparation du thé et du feu de camp tandis que la nourriture est préparée sur le gaz.